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« J’ai peur de devoir recommencer comme avant »

Longs FormatsFlore MABILLEAU04 juin 2020

Depuis plus de deux mois, la Nuitée, un foyer d’hébergement d’urgence pour femmes sans domicile, à Tours (Indre-et-Loire), reste ouvert pour les mêmes résidentes, 24h/24h. Une parenthèse qui pourrait prendre fin le 30 juin, comme le redoutent les pensionnaires.

À 10 heures tout rond, Marie, 51 ans, s’engouffre avec cinq sacs, les bagages d’une vie, dans un taxi qui l’emmènera chez des proches. Elle quitte enfin la Nuitée, ce foyer d’hébergement d’urgence de Tours (Indre-et-Loire) pour femmes sans domicile, seules ou avec enfants. Un lieu, à deux pas de la Loire, où elle a été accueillie, durant le confinement, en tant que victime de violences conjugales.

« J’ai dû rester ici plus longtemps à cause du coronavirus », soupire cette mère et jeune grand-mère d’un petit garçon. « Cette semaine a été longue ». Une sédentarité forcée à l’opposé de son mode de vie, celui des gens du voyage.

Au foyer d'hébergement d'urgence La Nuitée, à Tours, un cas de Covid-19 a été découvert par hasard, au détour d'un accident.Cyril Chigot/Divergence pour Le Media social

Un cas de Covid-19

Las, au moment de son passage à la Nuitée, qui héberge 20 personnes, dont trois enfants, un premier cas de Covid-19 est découvert, par hasard. Une dame d’une soixantaine d’années s’est cassé la hanche lors d’une chute ; emmenée à l’hôpital, elle est automatiquement testée, même si elle ne présente aucun symptôme du virus.

Surprise, les résultats sont positifs. « Sans cet accident, nous n’aurions jamais su qu’elle était malade », raconte Nathalie Bertrand, directrice de l’association Émergence, qui gère quatre foyers d’hébergement d’urgence à Tours - dont la Nuitée - ainsi que trois accueils de jour et un centre médical.

Confinement total

« En quelques heures, j’ai monté une séance de dépistage avec les services de l’État et un laboratoire. Sur les 19 résidentes restantes et les 8 salariés qui interviennent sur le foyer, 27 se sont révélés négatifs, et une positive, mais sans symptômes ». Durant huit jours, un confinement total avec prise de température quotidienne et port du masque est donc imposé aux pensionnaires, « pour ne pas prendre de risques », confie Nathalie Bertrand.

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