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Interview05 février 2021
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Hakan Marty, éducateur : « Il faut changer l’image de la protection de l’enfance »

Hakan Marty, éducateur spécialisé, retrace son parcours d’enfant placé dans un livre "Enfant mal placé". Il témoigne d’un système qu’il souhaite faire évoluer pour améliorer le sort des enfants suivis par l’aide sociale à l’enfance. Entretien.

L’aide sociale à l’enfance, Hakan Marty la connaît bien. Placé dès son plus jeune âge en pouponnière, puis en famille d’accueil et en foyer, il retrace son parcours parfois douloureux dans un livre émouvant, Enfant mal placé, publié aux éditions Max Milo. Aujourd’hui éducateur spécialisé dans un service d’action éducative en milieu ouvert (AEMO), quel regard porte-t-il sur la protection de l’enfance ?

Pourquoi ce livre ? À qui s’adresse-t-il ?

Hakan Marty C’est un livre qui s’adresse à tout le monde : à la fois à tous ceux qui ont été présents dans ma vie et qui m’ont aidé à vivre, à mes frères et ma sœur ; aux professionnels, psychologues, travailleurs sociaux, politiques… et aussi au grand public. J’ai voulu dénoncer des dysfonctionnements, car même s’il y a eu de très belles rencontres, dans le concret, il y a des choses qui sont défaillantes.

Placé en famille d’accueil de 18 mois à 15 ans, vous y avez subi des mauvais traitements. Aujourd’hui, quel regard portez-vous sur cette maltraitance, en tant qu’adulte et professionnel de l’enfance ? Est-ce que cela aurait pu être évité ?

H.M. Je n’aime pas le mot « contrôle », mais je pense qu’il faut accompagner et mieux former les assistants familiaux. Une fois que les enfants sont placés en famille d’accueil, je trouve qu’il y a très peu d’accompagnement, ils sont un peu laissés pour compte par les professionnels. Il y a un réel travail de partenariat à effectuer entre la famille d’accueil et les travailleurs sociaux, il faut laisser à l’enfant placé la possibilité de s’exprimer. Dans ma famille d’accueil, on n’avait pas de rendez-vous réguliers avec les travailleurs sociaux, ils n’ont pas pu voir toute la maltraitance dont nous étions victimes.

Aujourd’hui, c’est différent ?