Les guides et recommandations se multiplient dans l'action sociale, mais sont-ils réellement connus et utilisés sur le terrain ? Dans cette chronique*, Jean-Luc Gautherot, ingénieur social, interroge cette "inflation méthodologique" et ses effets sur les pratiques.
Depuis quelques années, on assiste à une flambée des publications de guides et recommandations qui visent à standardiser les pratiques de terrain de l’action sociale. En nous inspirant de la notion d’inflation normative, nous nommerons ce phénomène : inflation méthodologique.
La flambée des publications
On pense évidemment spontanément aux guides et recommandations de bonnes pratiques professionnelles (RBPP) de la Haute Autorité de santé (HAS) quand on évoque ce sujet. Mais la HAS n’est plus la seule organisation à publier ce type de documents, toutes les organisations influentes lui emboîtent le pas.
Dans la partie ressources et outils de l’Anap, on peut trouver de très nombreux guides pratiques. Citons également les travaux de la Dihal (par exemple, le guide intitulé « prévenir et repérer les troubles en santé mentale des locataires dans le logement social »), ceux de la CNSA (comme le « guide repères de l’animateur de GEM »), ou encore ceux de la DGCS (exemple : « l’exercice des actes relevant de l’autorité parentale pour les enfants confiés à l’ASE »).
Le Haut conseil du travail social conçoit lui aussi des documents de référence pour les pratiques. Les fédérations ne sont pas avares de ce type de mode d’emploi. C'est le cas, par exemple, de la Cnape, de la Fédération addiction ou la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS).

