Pour pallier l’inaction de l’État, les mairies s’organisent face au sans-abrisme : intervention humanitaire, création de places d'hébergement d’urgence, mais aussi développement de formes de logement plus durables. De Rennes à Strasbourg, en passant par Lyon, recensement d'initiatives portées par les communes.
Lutter contre le sans-abrisme était l'une des annonces fortes du président de la République dès le début de son premier mandat. L’hébergement d’urgence des personnes sans abri « relève d’une compétence de l'État », rappelle en effet Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le logement des défavorisés.
Pourtant, aujourd’hui, associations et élus alertent sur le manque d’actions de l’État et la dégradation globale de la situation. Face à l’urgence, « il faut remettre les municipalités en première ligne », plaide Nicolas Fuchs, coordinateur de la délégation de Médecins du monde en Alsace.
Réponse humanitaire
À Strasbourg, la ville est engagée dans un bras de fer avec l’État pour l’ouverture de places d’hébergement d’urgence. La commune fait d’ailleurs partie des collectivités territoriales ayant porté plainte contre l’État après avoir créé des solutions de mise à l’abri face à l’inaction de la puissance publique (voir encadré).
Prenant acte de l’importance et de la durabilité des campements, la ville a signé en septembre 2025 un protocole d’intervention sur les lieux de vie informels avec Médecins du monde, après plusieurs années d’expérimentation. L’objectif : évaluer les conditions de vie et les situations individuelles pour alerter sur la situation physique et psychique des personnes, afin de coordonner ensuite l'intervention des différents professionnels.

