Le 9 avril, le Haut-commissariat à l'Enfance réunissait des professionnels pour une conférence sur l'exploitation sexuelle des mineurs. Face à des situations difficiles à détecter, ils alertent sur l'urgence de mieux repérer les victimes et de renforcer les réponses.
« Si les adultes qui les accompagnent ne sont pas suffisamment accompagnés, protégés, armés, on ne réussira pas à protéger les enfants », a déclaré Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l'enfance, en ouverture de la conférence sur l'exploitation sexuelle des mineurs qu'elle organisait au ministère des Solidarités, le 9 avril.
Les associations spécialisées évaluent entre 8 000 et 10 000 le nombre d'enfants et d'adolescents victimes de prostitution, occasionnelle ou régulière. En 2025, sur l'ensemble des victimes en situation de prostitution, enregistrées par les forces de l'ordre, « un peu moins de la moitié sont des mineurs », a précisé Roxana Maracineanu, secrétaire générale de la mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences (Miprof).
L'Observatoire national des violences faites aux femmes a publié, pour sa part, le 10 avril, une lettre indiquant que près de « 6 victimes mineurs sur 10 sont des victimes de proxénétisme. »
Des garçons aussi
Aziz Essadek, enseignant chercheur à l'Université de Paris Cité et membre de l’Institut universitaire de France, a présenté une étude conduite en 2025 avec la mission locale de Paris auprès de 3 011 jeunes suivis par des missions locales. Celle-ci révèle que 9,3 % d'entre eux déclarent avoir été victimes d'exploitation sexuelle pendant l'enfance. Parmi eux, 40,3 % sont des garçons. « C'est quelque chose qui est venu bouleverser nos représentations », reconnaît-il.

