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Dossier juridique22 juillet 2026
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ESSMS : comment mettre en place le relayage des proches aidants ?

Les vacances d'été rappellent combien il est difficile pour certains proches aidants de s'accorder quelques jours de répit. Le relayage leur permet de passer le relais jusqu'à six jours à un professionnel salarié d'un établissement ou service social ou médico-social (ESSMS).

Pendant l'été, nombreux sont les proches aidants qui aimeraient pouvoir souffler quelques jours. Pour beaucoup, ce répit reste pourtant difficile voire impossible lorsque la personne qu'ils accompagnent, a besoin d'une présence constante en raison d'une maladie, d'une situation de handicap ou de perte d'autonomie.

7,1 millions de personnes soutenaient régulièrement un proche, en 2022, selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).

Pour répondre à ce besoin de répit, les établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS) peuvent proposer des prestations de relayage. Ce dispositif permet à l'un de leurs professionnels de remplacer un proche aidant jusqu'à six jours consécutifs, à domicile ou dans le cadre d'un séjour de répit aidant-aidé, afin que le proche puisse s'absenter ou partir en vacances en toute sérénité.

Longtemps limité à une expérimentation, le relayage a mis du temps à être pérennisé malgré les demandes des acteurs du secteur.

L'article 9 de la loi du 15 novembre 2024 a finalement inscrit le dispositif dans le droit commun. Il a ensuite fallu attendre quatorze mois avant la publication du décret d'application du 19 août 2025 fixant le cahier des charges des prestations de relayage. Une foire aux questions (FAQ) de l’administration apporte des précisions aux ESSMS souhaitant développer cette activité ou aux proches aidants qui veulent se faire relayer.

Qui peut proposer ces prestations ? Comment obtenir l'autorisation ? Quelles sont les obligations des établissements ? Quelles règles de droit du travail respecter ? Voici ce que doivent savoir les ESSMS.

1. Une solution de répit pour les aidants

La prestation de suppléance du proche aidant permet à un professionnel salarié d’une structure (comme une auxiliaire de vie) de remplacer plusieurs jours d'affilée (grâce à des dérogations au droit du travail) un proche aidant auprès d'une personne âgée ou handicapée qui :

  • d'une part, nécessite une surveillance permanente ;
  • et, d'autre part, présente certains troubles ou altérations (troubles neuro-développementaux ou altération des fonctions cognitives associés à des troubles du comportement…).

« Liens étroits et stables »

La notion de « proche aidant » n'est pas définie par un critère de lien de parenté. En effet, le cahier des charges vise toute personne qui entretient avec la personne aidée des « liens étroits et stables » et l'aide à « accomplir tout ou partie des actes ou des activités de la vie quotidienne ou la soutient, de manière permanente ou temporaire, régulière et fréquente ».

Le proche aidant assure une présence constante au domicile de la personne et intervient en principe à titre non professionnel. Le cahier des charges prévoit toutefois le cas particulier dans lequel il est à la fois salarié et tuteur de la personne aidée bénéficiaire de la prestation de compensation du handicap (PCH).

En revanche, il ne traite pas expressément de la situation dans laquelle une personne bénéficiaire de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) emploie un ou plusieurs membres de sa famille (à l’exception de son conjoint).

À noter que pour le relayage à domicile, le départ du proche aidant constitue en principe une condition de la prestation. Le cahier des charges admet qu'il puisse y être dérogé « de manière exceptionnelle, après évaluation et analyse de la situation par l’établissement ou le service employeur ».

Deux modalités

Les prestations de relayage peuvent être réalisées :

  • à domicile ;
  • en dehors du domicile dans le cadre de séjours dits de répit aidant-aidé.

Dans le second cas, la prestation a lieu dans un « lieu d’accueil collectif adapté ». Il peut s’agir d’un lieu spécifiquement consacré au répit ou d’un hébergement collectif de vacances, à condition qu'il soit adapté au public accueilli et à l’organisation retenue.

À noter que l’ESSMS doit visiter les hébergements, contrôler leur accessibilité et anticiper les moyens humains et matériels nécessaires à la continuité des soins (voir partie 3).

Dans les deux cas, la durée de l'intervention ne peut dépasser six jours consécutifs. Les aidants peuvent aussi, lors des séjours, bénéficier d'un « accompagnement spécifique ».