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Portrait23 octobre 2026
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[En quête de sens] Nadège Erika, travailleuse sociale jusque dans ses romans

Dans notre série "En quête de sens", nous suivons des professionnels du social aux parcours singuliers. Éducatrice spécialisée, Nadège Erika est aussi devenue romancière. Deux activités qu'elle nourrit de son vécu et d'un même désir : faire entendre les voix et raconter les vies que l'on écoute peu.

« À un moment, j’ai arrêté mon métier de travailleuse sociale pour me consacrer à l’écriture, Mais ça me manquait trop, j’y suis retournée ». Ces mots sont ceux de Nadège Erika (son pseudo littéraire), interrogée par Guillaume Meurice dans l'émission La dernière, sur Radio Nova, en février 2026.

À 52 ans, cette femme au visage constellé de taches de rousseur, au sourire radieux et à la parole sans langue de bois, est à la fois éducatrice spécialisée et romancière. Une vie professionnelle étonnante qui nous a intrigués et donné envie de la rencontrer.

Lorsque nous la rencontrons, quelques mois avant la publication de ce portrait, nous nous donnons rendez-vous dans un café parisien, près de chez elle. Nous nous installons à sa place préférée : une table ronde près d’une large fenêtre donnant sur un carrefour animé et le métro aérien.

Elle vient souvent écrire ici. Elle aime le brouhaha, les conversations qui l’entourent et l’équipe sympathique de ce bistrot.

Rien n'était écrit

Le parcours de Nadège Erika ne relève en rien de l’évidence. Il est fait de rencontres, mais aussi sans doute de quelque chose de plus profond, présent depuis toujours : une fibre sociale, un engagement constant et un tempérament fonceur.

Née et élevée à Paris, elle connaît une enfance compliquée, marquée par la déscolarisation, une grossesse précoce à 19 ans et des violences intrafamiliales. Pendant sa vingtaine et sa trentaine, elle enchaîne ce qu’on appelle des « petits boulots, en fait « des boulots utiles et très mal payés », corrige-t-elle : ménage, garde d’enfants…

Elle travaille aussi un moment pour des maisons de luxe mais l’expérience ne lui convient pas. « Humainement ça ne me correspondait pas. Je me faisais chier ».

La protection de l’enfance, c’est lié à mon vécu