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Portrait23 mars 2026
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[En quête de sens] Hélène Legris répare autrement

Dans notre série "En quête de sens", nous suivons des professionnels du social aux parcours atypiques. À Rennes, Hélène Legris a quitté son poste d’éducatrice spécialisée pour devenir agente de maintenance. Une reconversion manuelle sans renoncer à l'engagement social.

Il n’est même pas 9 heures qu’Hélène Legris traverse déjà les couloirs rennais de l’Asfad d’un pas pressé. Elle glisse un jeu de tournevis dans son sac, attrape une plaque à induction neuve dans la réserve, appelle une collègue : combien de femmes seront là, cet après-midi, pour l’atelier bricolage ? La matinée s’annonce dense : une serrure bloquée, un interrupteur capricieux, un évier qui fuit.

Depuis trois ans, Hélène, 42 ans, est agente de maintenance dans cette association qui accueille des femmes victimes de violences, des mineurs non accompagnés (MNA), des personnes isolées et des enfants en crèche.

De 8 h 30 à 17 h 30, elle fixe des étagères, change des joints, diagnostique des pannes électriques, dans les bureaux et les 200 logements de l’association. Un quotidien très concret, loin des réunions et des écrits professionnels qui ont longtemps structuré sa vie. Car Hélène était éducatrice spécialisée.

Un métier en cohérence avec ses valeurs

Après une licence de médiation culturelle à Lille, un volontariat européen à Madrid dans un foyer de jeunes placés, elle entre en 2007 à l’Institut régional de travail social (IRTS) de Montpellier. « J’avais l’impression de choisir un métier en cohérence avec mes valeurs de solidarité, d’antiracisme, d’antisexisme. »

En 2010, elle débute sa carrière en protection de l'enfance à Rennes, dans un service d'assistance éducative en milieu ouvert. Elle aime « le travail d’équipe, les projets collectifs avec les jeunes, le fait d’être utile, en tant que tiers, au sein des familles ». Mais très vite, elle se questionne.

Formée au féminisme dans des réseaux militants, elle se retrouve à participer à des scènes qui la heurtent : « Il nous est arrivé de réunir dans la même pièce un père violent et une mère sous emprise en leur demandant de s’expliquer sur leur parentalité  ».

Fatiguée de batailler pour tout