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Portrait29 avril 2026
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[En quête de sens] Caroline Alirol, quand le vécu intime renforce l'engagement professionnel

Notre série "En quête de sens" dresse le portrait de travailleurs sociaux désireux de partager leur expérience singulière. Directrice d'une association sociojudiciaire, Caroline Alirol accompagne les auteurs d'infractions. Il y a deux ans, sa fille a été victime d'agression sexuelle en milieu scolaire. Un drame personnel qui a percuté de plein fouet sa vie professionnelle, et dont elle témoigne dans un livre (1).

« Quand on fait ce métier, on a précisément conscience des dangers de ce monde. Nous ne voyons que le côté noir de l'être humain », pose d'emblée Caroline Alirol, habituée, au quotidien, à rencontrer et accompagner des auteurs de violences conjugales, de violences sexuelles et d'autres infractions diverses, avant ou après leur condamnation.

Pour autant, elle n'avait jamais imaginé que sa famille puisse un jour en devenir victime : « Même si je sais précisément, pour faire ce métier, que les violences sexuelles peuvent arriver à tout le monde, je n'avais pas conscientisé que cela puisse arriver à ma famille. Comme si je me sentais préservée. »

Silence collectif

Si elle est aujourd’hui prête à faire entendre sa voix, Caroline Alirol reconnaît avoir traversé « une tempête ». Tout commence lors d'échanges avec les professionnelles de la garderie, remontant des « comportements malsains » d'un animateur, présent depuis vingt ans dans la structure. Elle se souvient alors avoir entendu ses enfants se plaindre de cet animateur. Elle n’avait pas spécifiquement relevé, ils étaient passés à autre chose et la vie avait suivi son cours. 

Cette fois c'est différent. Peu à peu, Caroline Alirol interroge, observe, interpelle et compose un puzzle permettant de comprendre que cet animateur coince les petites filles entre ses jambes, leur lèche l'oreille. Des personnes savent, certaines ont parlé et pour autant rien ne bouge.

Double casquette