Aux Assises nationales de la protection de l'enfance, la coopération avec les parents des enfants confiés à l'ASE s'est imposée comme l'un des principaux fils rouges des échanges. Témoignages de parents, d'anciens enfants placés et analyses de professionnels ont mis en lumière les enjeux d'une collaboration encore difficile à construire.
« Je me suis sentie jugée, méprisée, parfois infantilisée. » Face aux 1 500 participants réunis au Palais des congrès de Strasbourg (auxquels s'ajoutaient 700 personnes en visioconférence), les mots de Léna Roncari ont donné le ton de ces Assises nationales de la protection de l'enfance, organisées les 25 et 26 juin à Strasbourg.
Mère de sept enfants confiés à l'aide sociale à l'enfance (ASE), ayant subi durant des années des violences conjugales, elle raconte son vécu : « Après 17 ans de violences conjugales, vous entrez dans une autre forme de violence, une violence institutionnelle », témoigne-t-elle.
Si les professionnels se sont mobilisés pour ses enfants, elle dit avoir eu le sentiment que personne ne s'intéressait à elle. « Personne ne m'a demandé comment moi j'allais et si j'avais besoin de quelque chose. Il fallait pourtant que moi aussi je me reconstruise. »
« Nous ne sommes pas en guerre »
Depuis trois ans, Léna Roncari siège au comité des parents et des familles de la Collectivité européenne d'Alsace (CEA). Sortir de l'opposition entre familles et professionnels est pour elle une priorité : « Il faut que les parents et les professionnels fassent la paix. Nous ne sommes pas en guerre. Il serait temps de mettre nos rancœurs et nos préjugés de côté, pour les enfants. »

