La Cour des comptes juge sévèrement la politique en faveur de l'inclusion dans l'emploi des personnes handicapées dont les résultats restent décevants. Elle formule des propositions en direction des pouvoirs publics mais aussi des deux fonds qui concourent à cette politique (Agefiph et FIPHFP).
Plus de 20 ans après la loi « handicap » de 2005 qui portait des mesures fortes en faveur de l’emploi des personnes handicapées, l’insertion de ce public « reste souvent partielle, instable ou inadaptée aux aspirations des intéressés », déplore la Cour des comptes dans un rapport rendu public le 27 janvier.
Les résultats de cette politique sont d’ailleurs « en retrait des objectifs fixés » . En témoigne, le taux d’emploi des personnes handicapées en milieu ordinaire qui « progresse de manière limitée, passant de 37 % à 39,3 % entre 2005 et 2023, tandis que leur taux d’activité demeure stable sur la même période (de 44,0 % à 44,8 %), accentuant l’écart avec la population générale », soulignent les magistrats.
En outre, en 2024, seulement 35 % des entreprises assujetties remplissent leur obligation d’emploi de travailleurs handicapés par l’emploi direct, tandis que 28 % n’en comptent aucun dans leurs effectifs.
Mobilisation inégale des employeurs
Parmi les explications à ces mauvais résultats, « la mobilisation des employeurs demeure inégale », ces derniers faisant encore preuve « d’une certaine méconnaissance de leurs obligations », relève la Cour des comptes. Autre élément mis en avant : « la grande hétérogénéité des situations de handicap ».

