En plein cœur de l'été, Dominique Libault est décédé à l'âge de 64 ans. Tout au long de sa carrière, ce haut fonctionnaire a défendu un système de protection sociale universel. En 2019, son rapport "Grand âge et autonomie", devenu une référence, posait les conditions d'une réponse à la transition démographique.
« Nous n’avons pas le temps d’attendre, c’est un luxe qui ne nous est pas donné, et il faut remettre les montants nécessaires au regard de l’ensemble des masses financières de la protection sociale dont la perte d’autonomie doit être reconnue comme un risque à part entière. »
Dès 2019, Dominique Libault lançait cet avertissement dans le rapport qu'il remettait aux pouvoirs publics. Le vieillissement de la population et ses conséquences financières devaient, selon lui, être anticipés et financés à la hauteur des besoins.
Nouveau risque
Sept ans plus tard, seule une partie de ses 175 propositions « pour passer de la gestion de la dépendance au soutien à l'autonomie » a trouvé une traduction concrète. Parmi les avancées figurent notamment la fusion des tarifs soins et dépendance (actuellement expérimentée) et la prise en compte d'un nouveau risque de protection sociale, avec la création de la branche autonomie.
Dominique Libault n'a jamais fait part publiquement de sa déception face aux lenteurs des politiques publiques, conscient que son statut de haut fonctionnaire lui imposait un devoir de réserve.

