À quelques dizaines de kilomètres de la frontière française, l'association belge Cerfontaine accueille régulièrement de jeunes Français placés à l'aide sociale à l'enfance ou à la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Pour renforcer cette collaboration, la PJJ des Hauts-de-France a signé un partenariat durable avec l'association.
« Je suis plus comme avant. Je traîne plus les nuits, j'arrête les conneries. » Depuis quelques mois, il le reconnaît lui-même, Mathys (*) a changé. Il est plus apaisé, il trouve des activités qui le passionnent et les éducateurs peuvent lui faire davantage confiance. La raison de cet apaisement nouveau ? « Je suis à deux doigts d'aller en prison, ça calme ». Mais aussi la découverte d'un nouveau lieu de placement, de l'autre côté de la frontière, en Belgique.
Comme de nombreux jeunes français placés à l'aide sociale à l'enfance (ASE) ou à la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), Mathys a bénéficié du partenariat entre institutions françaises et belges pour tenter de trouver un lieu de vie davantage adapté à ses besoins. Il partage désormais son quotidien avec vingt autres jeunes dans les « Cottages », un ensemble de quatre appartements mitoyens où les adolescents vivent en colocation.
« On a toujours accueilli des Français »
Ce n'est pas la première fois que des mineurs suivis par la PJJ des Hauts-de-France intègrent ce lieu de vie géré par l'association Cerfontaine. « Historiquement, on a toujours accueilli des Français. Nous étions sollicités sur les situations individuelles par des professionnels de l'ASE et de la PJJ, mais ces conventions individuelles étaient liées à chaque situation et s'arrêtaient avec le départ du jeune », relate Tiziana Daga, directrice pédagogique de l'association.
Une convention de partenariat
En 2022, la PJJ des Hauts-de-France et l'association Cerfontaine ont conjointement décidé de renforcer le partenariat. « Désormais, nous avons cinq places réservées aux jeunes de la PJJ des Hauts-de-France sur nos différents lieux de vie. Le partenariat perdure au-delà de chaque situation », complète la directrice pédagogique.
Une convention dont se réjouit Fabienne Vandamme, chargée de mission santé à la PJJ des Hauts-de-France : « La PJJ était en recherche de solutions adaptées pour certains profils de jeunes. Et depuis longtemps, la Belgique est reconnue pour sa capacité à accompagner ces profils atypiques. »
Des problématiques multiples
Ces jeunes qui cumulent les difficultés sont bien connus des professionnels de la protection de l'enfance. Mal nommés « incasables », face à des institutions souvent trop cloisonnées et peu adaptées à leurs problématiques multiples, ce sont ces jeunes ballottés d'un service à l'autre, d'une famille d'accueil à l'autre, ne trouvant jamais leur place.

