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Article24 décembre 2019
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Travail social : des étudiants en attente de précisions sur les redoublements

Des textes officiels seront bienvenus pour organiser le rattrapage et le redoublement des étudiants en travail social de troisième année. D’autant que les récentes explications de la DGCS ont pu sembler contredites par une instruction datée d’octobre.

Les ivresses de la lecture peuvent aussi emporter les abonnés au Bulletin officiel santé – protection sociale – solidarité, qui compile, chaque mois, différents textes émanant, principalement, du ministère des Solidarités et de la santé. Ainsi, dans le numéro du 15 décembre 2019, un rebondissement inattendu se niche à la page 369. Dans une instruction interministérielle datée 17 octobre 2019, il est en effet question des diplômes de travail social que les étudiants préparent, depuis la rentrée 2018, au « niveau 6 » – soit au « niveau II » de la nomenclature précédente. Or un paragraphe déroutant y est consacré aux étudiants « entrés en formation en 2017-2018 », et qui devront, eux, obtenir leur diplôme en 2020, à un niveau inférieur…

« Au cas par cas » 

« Le redoublement dans une formation de niveau 6 d’un étudiant ayant commencé sa formation au sein d’un cursus de niveau 5 ne doit normalement pas être admis », y est-il en effet tranché, au nom de deux ministères. Tout au plus, « les situations individuelles qui le justifient doivent pouvoir être examinées au cas par cas », par exemple pour des raisons médicales. Dans tous les cas, l’étudiant admis à redoubler devra « présenter l’intégralité des épreuves de certification du diplôme de niveau 6 ».

Douche glacée

Pour les futurs assistants sociaux, CESF et éducateurs actuellement mobilisés sur leur dernière année, une telle lecture pourrait faire l’effet d’une douche glacée. Une note rassurante n’a-t-elle pas été diffusée dans la semaine du 9 décembre, par la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) ? Celle-ci leur promettait, tout au contraire, une « session de rattrapage, organisée à l’automne 2020 », ainsi que des possibilités de redoubler les blocs de compétence manquant, sur la base de « tables de correspondance entre les anciens et les nouveaux diplômes »

Bonne nouvelle

Sondée par LeMedia social, le 23 décembre, la DGCS peut confirmer sa bonne nouvelle. Cette instruction, datée du 17 octobre, a bel et bien été rédigée avant sa note de décembre sur le redoublement. « C’est donc bien la dernière communication la plus récente, diffusée la semaine dernière, qui doit être prise en compte », y éclaire-t-on par courriel. « Et les textes qui seront pris au premier trimestre 2020 viendront confirmer les éléments qui ont été portés à la connaissance des DRJSCS [1] et des étudiants tout récemment. Uniquement sur ce point précis, l’instruction du 17 octobre n’est donc plus valable. »

Scepticisme

Mais cela suffira-t-il à rassurer les étudiants en travail social engagés, depuis cet automne, pour obtenir leur droit au redoublement ? Face à la note diffusée mi-décembre, leur coordination nationale a en effet souligné son scepticisme, dans un communiqué daté du 19 décembre : « Même si nous nous félicitons de notre mobilisation qui commence à porter ses fruits, nous ne désarmons pas tant que l'arrêté (qui a été annoncé par la DGCS, NDLR) ne sera pas sorti au Journal officiel. »

Et au-delà, ces étudiants affirment ne pouvoir se « satisfaire de cette réponse qui maintient les inégalités territoriales ». Les conditions du rattrapage, d’une part, inquiètent cette coordination : si les centres de formation eux-mêmes devaient organiser ces épreuves, cela poserait déjà « un réel problème de neutralité et d'objectivité ». Et pour le redoublement, d’autre part, les étudiants s’inquiètent qu’il ne soit pas acquis d’office, puisqu’il faudra « passer en commission pédagogique, présidée par l'université ou bien par la DRJSCS ». Entre autres revendications, ils demandent aussi à conserver un délai de cinq années pour passer le diplôme. « Tous ces questionnements font que nous ne pouvons crier victoire pour le moment », conclut la coordination. Manifestement, la DGCS non plus.

[1] Directions régionales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale.

OlivierBONNIN
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