Depuis 2024, l'espace départemental des solidarités (EDS) de Saint-Nazaire (44) propose des ateliers d’estime de soi à un public de femmes précaires, avec comme toile de fond la déconstruction des stéréotypes de genre et des activités nautiques. La force du collectif agit comme un révélateur.
Le port de plaisance de Pornichet est ensoleillé, épargné ce matin-là par la canicule qui sévit dans les terres. La mer est calme, pas un brin de vent ne fait tanguer les mâts. Dans le port quasi désert, un groupe de femmes souriantes prend le café au club nautique de l’APCC. Parmi elles, des travailleuses sociales de l’espace départemental des solidarités (EDS) de Saint-Nazaire et deux femmes qu’elles accompagnent, Odile et Gisèle (*).
Deux mois d'atelier
Pour clôturer une séquence d’ateliers de deux mois avec l’EDS, une sortie en mer, sur un petit voilier, est prévue. Autour de « l’humeuromètre », avec le binôme de skippeuses, toutes ont l’air sereines, mais déçues qu’une participante manque à l’appel pour raison de santé. Déjà, Véronique et Pauline, les navigatrices, invitent à se diriger vers les voiliers, floqués du logo du département.
« Gréer », « foc », « écoute », « hauban », le vocabulaire est abscons et le pied joyeux mais parfois hésitant. Gisèle tire la drisse qui sert à hisser la grand-voile. L’équipage va devoir pratiquer le rocking pour glisser sur l’eau trop calme, à savoir faire délibérément mais délicatement tanguer le bateau pour réussir à avancer.
Un moment à soi
Dans le cadre de ces ateliers axés principalement sur l’estime de soi, l’équipe de l’EDS peut en temps normal accueillir jusqu’à huit participantes. Un public de femmes précaires, isolées, victimes de violences, souvent bénéficiaires du RSA. Des femmes qui jonglent entre leurs enfants, les contraintes des distributions alimentaires et une multitude de rendez-vous médicaux et administratifs.
Un public cible très précis, qui fait que l'action n'a été suivie cette année « que » par trois femmes, tant les emplois du temps et états de santé empiètent sur leur disponibilité pour elles-mêmes.
