Trois inspections générales (Igas, IGF, IGA) ont rédigé un rapport pour "objectiver la dynamique des dépenses sociales" dans le budget des départements. Le document met en lumière la grande fragilité d'une dizaine d'entre eux et alerte sur les risques sociaux liés à certaines mesures d'économies. Il appelle également à une meilleure concertation entre l'État et les collectivités.
En juin 2025, trois ministères ont saisi leurs inspections générales respectives – affaires sociales (Igas), finances (IGF) et administration (IGA) – pour « objectiver la dynamique des dépenses sociales des départements au regard de leurs ressources ». Cette initiative visait à apaiser un conflit latent depuis plusieurs années, les départements reprochant à l'État de leur faire supporter le coût de mesures nationales.
La mission a porté sur 95 départements, les seuls non pris en compte étant la Martinique, la Guyane, la Corse, la métropole de Lyon et Paris, en raison de leur statut particulier, combinant deux niveaux de collectivité (département et région pour les trois premiers, ville et département pour les deux autres).
Effet ciseau confirmé
La question est tellement sensible que Départements de France vient de rendre public ce rapport (daté de novembre 2025), sans attendre l'autorisation de publication officielle du gouvernement.
Les chiffres collectés par les inspections ne laissent aucun doute sur l'ampleur de la dégradation des finances départementales. L'effet ciseau souvent invoqué se vérifie : en 2022 et 2024, les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 11 % alors que les recettes ont été réduites de 1 %.

