Dans notre nouvelle série "Paye ta vocation !", des travailleurs sociaux détaillent leur fiche de paie, leur parcours et les arbitrages au quotidien. À 44 ans, Aurore, accompagnante éducative et sociale (AES) dans un centre d'accueil spécialisé pour personnes polyhandicapées, tente de faire tenir le mois avec 2 000 euros net.
Aurore a 44 ans et travaille comme accompagnante éducative et sociale (AES) auprès d'un public polyhandicapé vieillissant dans un centre d'accueil spécialisé.
Avec les primes Ségur, d'internat, de dimanche et de jours fériés, ainsi que les heures supplémentaires liées au manque de personnel, elle atteint « environ 2 000 euros net mensuels ». À condition toutefois de travailler les jours fériés et les dimanches, et d'effectuer au moins dix heures supplémentaires par mois.
Le choix d'une tiny house
Cette rémunération l'oblige à des calculs serrés. Elle dépense entre 200 et 250 euros d'essence par mois pour parcourir les cinquante kilomètres qui séparent son village du centre d'accueil, situé au pied des montagnes.
À cela s'ajoutent 420 euros de remboursement mensuel à ses parents, qui lui ont prêté l'argent pour acheter sa « tiny house » (petite maison) de 19 m2, une solution plus accessible pour elle qu'une maison classique. Elle paie également 200 euros par mois de leasing pour sa voiture.
« Au 15 du mois, avec mes collègues, on réfléchit déjà à comment finir le mois », explique-t-elle.
Elle a deux enfants de 20 et 17 ans, dont le père a la charge. L'aîné vit en appartement. « J'essaie de lui verser quelque chose tous les mois. Par fois, c'est compliqué de ne pas pouvoir plus aider mes enfants. J'aimerais pouvoir lui payer son loyer en intégralité. Chose que je ne peux pas faire. », confie-t-elle.

