Peu présente lors de la campagne électorale, la problématique du creusement des inégalités sociales devrait pourtant intéresser les (nouveaux) élus. Ils disposent de différents leviers pour rendre leur ville plus égalitaire : des choix qui influent sur le travail social engagé sur leur territoire.
Dès le lendemain des résultats des municipales 2026, les maires ont confirmé la composition de leur équipe, en désignant, entre autres adjoints, leur élu aux affaires sociales. Bientôt, le centre communal d’action sociale (CCAS) de la commune devra lancer l’analyse des besoins sociaux de la population (ABS), une obligation légale pas toujours respectée, dont les résultats leur permettront de dégager les objectifs à prioriser.
Même s’il faut tenir compte de très fortes disparités d’une commune, d’un département et d’une région à l’autre, la tâche est immense, la pauvreté et les inégalités étant au plus haut depuis trente ans. Selon les derniers chiffres de l’Insee, révélés en juillet 2025 (pour l’année 2023), le taux de pauvreté a atteint 15,4 %, une réalité vécue par 9,8 millions de personnes disposant d’un niveau de vie inférieur à 60 % du niveau de vie médian (soit en dessous de 1 288 euros par mois pour une personne seule).
Des inégalités qui se creusent
Dans le même temps, les inégalités se sont creusées, les 20 % les plus riches disposent ainsi de revenus 4,5 fois supérieurs aux 20 % les plus pauvres, un écart proche de celui du début des années 1970. Face à ces chiffres alarmants, le gouvernement, qui pilote la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté (SNPLCP), s’est engagé en 2025, devant les représentants des grands réseaux associatifs de la solidarité, à porter un objectif de réduction de la pauvreté à 10 ans.
Il a saisi le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE) pour définir les conditions nécessaires à l’atteinte de cet objectif. Les premières préconisations sont attendues pour juin 2026.
La précarité, un sujet pas « vendeur »
Dans ce contexte de pauvreté aggravée et à un an des élections présidentielles, qui seront l’occasion d’un bilan social du dernier mandat, la lutte contre les inégalités aurait pu être un thème de campagne de ces municipales. Mais comme le fait remarquer Louis Maurin, co-fondateur de l’Observatoire des inégalités, les débats se sont partagés, « en schématisant », entre, « pour les villes à gauche, un peu d’environnement, et pour les villes à droite, la sécurité, avec le sujet phare de la vidéosurveillance ».

