Dans notre nouvelle série "Paye ta vocation !", des travailleurs sociaux détaillent leur fiche de paie, leur parcours et les arbitrages du quotidien. Conseiller en insertion professionnelle, Alain gagne 1 650 € net par mois, pour 32 heures de travail par semaine. Il ne se considère pas "pauvre" mais "fait attention" à ses dépenses.
Alain, 58 ans, conseiller en insertion professionnelle (CIP) dans l'Aude, touche 1 650 € net par mois pour quatre jours de travail hebdomadaire. Avec sa compagne à mi-temps, qui gagne 1 000 € par mois, le couple perçoit 2 650 € mensuels. Entre le loyer à 550 €, l'essence à 200 € et les charges courantes, difficile d'épargner. « On fait très attention à tout. »
Un salaire qui stagne
Alain accompagne des personnes éloignées de l'emploi dans une association intermédiaire, une structure d'insertion par l'activité économique (SIAE). Il travaille dans l'Aude, l'un des départements les plus pauvres de France. « On a beaucoup de gens au RSA, très peu de débouchés à l'emploi. »
Son salaire n'a quasiment pas évolué depuis huit ans. Il bénéficie d'une prime annuelle de 1 000 €, des tickets-restaurant, d'une aide pour la mutuelle et de 26,15 € de prime d'ancienneté par mois. Mais il n'a pas la prime Ségur.
« Le titre de CIP, c'est un bac + 2. Moi, avec ma licence pro, j'ai un bac + 3. On n'est pas beaucoup payé par rapport à notre niveau de diplôme. »

