menuMENU
Article11 février 2021
Abonnés
Réagir
Réagir
Imprimer
Télécharger

Aide à domicile : la grande hémorragie des salariés

Il a été l'un des oubliés du Ségur de la santé, il propose des conditions de travail difficiles... le secteur du domicile souffre énormément un an après l'arrivée du Covid. Enquête auprès de services d'aide à domicile qui peinent à garder leurs salariés et à répondre aux demandes d'accompagnement.

Quel que soit le point de vue qu'on adopte sur la situation de l'aide à domicile, on est saisi par un grand écart. D'un côté, depuis des années, d'innombrables discours sur le virage domiciliaire, sur la nécessité de respecter la volonté des Français de vieillir chez eux. De l'autre, il est de plus en plus difficile pour les familles de trouver un aide à domicile formé relevant d'une structure professionnelle. 

Pas de reconnaissance

Sur le terrain, la situation est très compliquée. Les structures font face depuis près d'un an au Covid-19 avec, pendant plusieurs semaines, aucun matériel de protection fourni par les autorités. D'une certaine manière, pendant le premier confinement, chacun à fait face en faisant jouer le système D. Quand la situation sanitaire s'est (un peu) détendue, pendant l'entre deux-confinement, les réalités salariales, les tensions sur le terrain, se sont multipliées.

Hésitation sur la prime

Directrice du Saad commercial « Douceur et quotidien » à Paris depuis 2010, Miryam Benarroche ne cache pas une grande fatigue. Les inégalités dans le versement des primes ont constitué une douche froide pour les 60 salariés. Finalement, Paris a versé une prime, mais le mal était fait : s'était répandu le sentiment d'être des salariés de seconde zone. 

Abandon de poste

Miryam raconte ses difficultés invraisemblables pour recruter. « J'ai dix à douze contrats en attente. Quand je convoque des candidats pour un entretien, beaucoup ne viennent pas », confie-t-elle. Et d'ajouter incrédule : « Le plus grave, c'est que j'ai des salariés qui abandonnent leur poste du jour au lendemain. Ils laissent tomber les gens dont ils s'occupent. »   

« Je crois en ce métier »