menuMENU
Article21 août 2020
Accès libre
Réagir
Réagir
Imprimer
Télécharger

Aide à domicile : l'ADMR mise sur les réseaux sociaux pour recruter

Le 24 août, le réseau d'aide à domicile ADMR lance une campagne sur les réseaux sociaux pour promouvoir ces métiers, mieux perçus depuis le confinement. Objectif : accélérer le rythme des recrutements, à hauteur de 10 000 emplois dans les prochains mois.

« Pendant le Covid, pour ceux qui sont restés seuls, les professionnels de l'ADMR ont été et resteront toujours présents pour les accompagner au quotidien. Merci à eux ! » Cet été, vous avez peut-être vu le spot télévisé proposé par la plus grosse fédération d'aide à domicile, l'ADMR (aide à domicile en milieu rural).

A partir du 24 août, sur les réseaux sociaux (voir encadré), vous pourrez tomber sur le nouveau message de sa campagne de communication « Dix bonnes raisons de rejoindre l'ADMR ». L'objectif affiché est de déclencher 10 000 recrutements dans un réseau qui emploie actuellement 94 000 collaborateurs.

Pyramide des âges vieillissante

Pourquoi se lancer dans une telle opération de com' qui n'est pas forcément dans l'ADN de cette organisation, historiquement implantée dans le monde rural ? Directrice adjointe, Laurence Jacquon dégage deux grands types d'explication.

D'une part, explique-t-elle, « la pyramide des âges montre un vieillissement de nos salariés. Chaque année, l'âge moyen augmente d'un an pour s'établir actuellement à 45 ans ». La catégorie des 55 ans et plus regroupait, fin 2019, plus de 28 % des salariés (CDI et CDD). Il y a, dès lors, urgence à rajeunir les effectifs et à préparer les grandes vagues à venir de départs à la retraite.

Une demande difficile à absorber

L'autre raison correspond au virage domiciliaire pris par la société française. Toutes les enquêtes montrent qu'environ 80 % des Français aspirent à finir leurs jours chez eux. Sauf que les structures actuelles ne sont pas en capacité d'absorber une telle demande.

Pendant le confinement, les associations de terrain n'ont souvent pas été en mesure de répondre aux demandes d'augmentation du nombre d'heures d'accompagnement. Sur cette question, l'union nationale de l'ADMR lance d'ailleurs, à la rentrée, une enquête auprès de ses adhérents pour savoir comment le terrain a priorisé ses interventions et quels besoins nouveaux sont apparus pendant la crise sanitaire.

Un tiers de créations nettes

L'objectif de la campagne est donc très clair : le réseau veut assurer 10 000 recrutements d'ici aux premiers mois de 2021. L'épidémie de Covid a en effet considérablement ralenti les embauches, et le retard à rattraper est important. La directrice adjointe de l'ADMR estime qu'un tiers de ces 10 000 embauches pourraient être des créations nettes de postes, les autres permettant de remplacer les départs à la retraite, les congés maternité, etc.

Recherche de sens au travail

Laurence Jacquon se déclare relativement optimiste sur la réussite de l'opération : le confinement a enfin mis la lumière sur les métiers du soin, et en premier lieu sur ceux du domicile. Cette période a aussi été celle où beaucoup de salariés ou de chômeurs se sont interrogés sur le sens de leur activité. Même s'il est difficile et peu reconnu, le métier d'aide à domicile est porteur de valeurs altruistes qui sont dans l'air du temps. 

Améliorer les emplois du temps

Pour autant, les conditions salariales difficiles ne risquent-elles pas d'être un obstacle aux embauches ? L'ADMR entend montrer que les choses bougent. Sa directrice adjointe espère un agrément rapide de l'article 44 de la convention collective de branche (BAD) qui prévoit une augmentation de 2,7 % de la valeur du point – comme l'avait proposé la direction générale de la cohésion sociale (DGCS), en février dernier (1).

Pour éviter le morcellement des emplois du temps, des expérimentations sont en cours avec des équipes du matin et du soir, notamment. De même, l'union nationale met en avant les avantages maison qu'elle propose en matière de mobilité (location avantageuse de véhicules...) ou de consommation (plateforme de produits à prix réduits).

S'adapter au profil des candidats

Dans les fédérations départementales – dont le poids varie énormément –, l'attente est très forte. « Rien que dans l'Aube, nous avons estimé à 150 personnes le besoin de recrutements », précise Laurence Jacquon.

Le principe de la campagne qui doit se terminer mi-novembre est simple : les candidats à un emploi remplissent un petit questionnaire. Leur CV est transmis aux départements, lesquels doivent répondre, si possible, dans la semaine. « Les besoins sur le terrain sont tellement importants que les fédérations devront s'adapter, dans la mesure du possible, au profil des candidats », souligne enfin Dominique de Ternay, le directeur de la communication.

(1) Pour l'article 43, qui prévoit notamment une augmentation de 15 % des plus basses rémunérations, l'accord de l'Etat pourrait être plus difficile à obtenir.

Le choix des réseaux sociaux

C'est une première pour le gros réseau que constitue l'ADMR. Du 24 août à mi-novembre, il va déployer sa campagne exclusivement sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Snapchat), en ciblant clairement les jeunes sans qualification. La campagne déclinera « dix bonnes raisons de rejoindre le réseau ADMR » parmi lesquelles : « Nous proposons des emplois stables, majoritairement en CDI », « Vous serez fier de travailler pour une entreprise pas comme les autres » ou encore « Nous portons une attention toute particulière à votre qualité de vie ».

À partir du 24 août, le site du réseau comportera également un espace dédié à cette campagne. Les candidats pourront y déposer leur candidature, qui sera transmise directement aux fédérations départementales.

NoëlBOUTTIER
ABONNEMENT
Accédez à l'intégralité de nos contenus
  • Articles & brèves
  • Vidéos & infographies
  • Longs formats & dossiers juridiques
  • Reportages & enquêtes
Découvrez nos offres