Dans notre série "Paye ta vocation", des travailleurs sociaux détaillent leur fiche de paie, leur parcours et les arbitrages du quotidien. Longtemps agente à domicile, Catherine a obtenu en 2021 le diplôme d’État d’accompagnante éducative et sociale (AES), synonyme pour elle de reconnaissance professionnelle et salariale.
2 135 € brut : c’est le salaire de base de Catherine, accompagnante éducative et sociale (AES) à domicile au sein d'une association multi-activités de la région de Millau (Aveyron). À cette somme s'ajoutent divers compléments de rémunération (ancienneté, diplôme), ainsi que des majorations pour le travail le week-end et les heures supplémentaires.
Mais, bon an mal an, Catherine, 53 ans, ne touche guère plus de 1 700 € net par mois : « Personnellement, je ne me plains pas, mais j’estime que les personnels de l’aide à domicile ne sont pas rémunérés à leur juste valeur ».
Elle en veut pour preuve les derniers avenants signés dans la branche de l'aide à domicile (BAD). L’avenant 75, par exemple, lui a permis de gagner… 11 points : « E n mai, j’ai été payée 13,65 € de l’heure ; en juin, 14,07 € ! ». Pas de quoi faire sauter la banque.
Une trajectoire chaotique
Le parcours de Catherine n’a rien d’un long fleuve tranquille. Originaire du Loiret, elle a grandi au milieu d’une fratrie de trois enfants, dans une famille d’ouvriers (« un père Duralex, une mère Michelin »).
« Pour mes parents, la valeur travail était essentielle. Ils me disaient : on a ce qu’on mérite ; si tu veux quelque chose, tu dois te le payer ! », raconte-t-elle. Mais la jeune fille, dyslexique, n’a pas de bons résultats scolaires, et elle est passionnée de chevaux. « Je n’étais pas une grande cavalière et je ne me voyais pas en palefrenier soigneur ou en monitrice d’équitation ».
Après un BEP et un CAP, elle essaie d’élargir ses horizons avec un brevet technique agricole, puis un BTS de gestion d’exploitation agricole, mais elle échoue. Elle enchaîne des missions d’intérim à l’usine. « J’ai découvert que le monde des Temps modernes de Chaplin existait encore ! Ce n’était pas en phase avec mon besoin d’humain : échanger, partager, transmettre », explique Catherine.

