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Article30 juillet 2021
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[À voix haute] Protection de l'enfance : "Je vais voler de mes propres ailes"

Notre série "À voix haute" donne la parole à ceux qui n'ont longtemps pas eu voix au chapitre, les "personnes accompagnées". En famille d'accueil dès l'âge de sept ans, Tony Quillardet, qui a bénéficié d'un parcours très stable en protection de l'enfance, entend "déstigmatiser" les enfants placés et revaloriser les assistants familiaux.

Il a commencé par nous intriguer avec sa page Facebook « Dé-stigmatiser les enfants placés », lancée en novembre 2019. « Bonjour ! Je m'appelle Tony, j'ai seize ans et je suis placé depuis que j'ai sept ans. Si, entre enfants placés nous pouvions partager un point en commun excepté notre placement, c'est ce phénomène de nous stigmatiser. »

Un premier post aussitôt partagé puis commenté par des centaines de personnes, dont de nombreux travailleurs sociaux. Il y inscrit ses deux « combats » : la lutte contre les « étiquettes » qui collent aux enfants placés et la promotion des familles d'accueil, « perçues comme cruelles, bien trop sévères ou maltraitantes », là où il voit « un métier si beau et enrichissant ».

Un agenda chargé

Quand nous l'interrogeons en visio, un an et demi après, son agenda est bien rempli. À l'approche de ses 18 ans, il doit passer son grand oral de bac le lendemain, puis filer témoigner aux assises nationales de la protection de l'enfance à Nantes, avant de faire une escale au ministère des Solidarités et de la Santé à Paris, invité par le secrétaire d'État Adrien Taquet.

Ce qui nous intriguait se confirme : Tony Quillardet, c'est « quelqu'un », comme on dit. D'abord, un jeune homme charmant et rieur, « très à cheval sur la politesse », souligne-t-il, qui raconte simplement son histoire. Celle d'un enfant victime de « carences éducatives » et confié à l'âge de sept ans à une assistante familiale près de Semur-en-Auxois (Côte-d'Or).

Un parcours favorable

« Cela fait 10 ans aujourd'hui », relève-t-il, lui qui, comme tous ceux en âge de se souvenir, peut décrire précisément le jour où il a découvert sa nouvelle maison. « Je me souviens d'un escalier en bois illuminé par le soleil et cette odeur de parfum super agréable. Parfois je croise des gens dans la rue qui ont ce parfum et ça me rappelle ce premier jour. »