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Article03 mars 2026
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[À voix haute] Emma Étienne, combattante pour la protection des enfants

Notre série "À voix haute" donne la parole à celles qui n'ont longtemps pas eu voix au chapitre, les "personnes accompagnées". Ancienne de l’aide sociale à l'enfance (ASE), Emma Étienne met toute son énergie à dévoiler les violences sur les enfants, mais aussi à les accompagner concrètement via l’association Speak!.

D’aucuns diraient d’Emma Étienne qu’elle a un parcours extraordinaire, mais elle refuse de parler de « force » : « C’est une question de survie », déclare-t-elle, avant de faire référence aux traumas qui continuent de l’habiter. Son combat, c’est celui de la protection des enfants.

Victime de violences intrafamiliales pendant dix-sept ans, puis placée à l'aide sociale à l'enfance (ASE), elle a fondé à 18 ans l’association Speak!, dont l’objectif est de prévenir et de lutter contre toutes les formes de violences sur les mineurs et les jeunes adultes.

Elle écrit aujourd’hui son mémoire de master en sciences de l'éducation, a créé sa micro-entreprise de formation des professionnels aux violences sur enfants, et a récemment sorti un livre, « Enfants sous silence. En finir avec le tabou des violences intrafamiliales » (lire notre encadré ci-dessous).

Ni « entendue », ni « protégée »

« Je n’ai pas été entendue, et pas protégée », indique-t-elle en préambule. Elle a dénoncé par deux fois à l’école les violences qu’elle subissait, au collège puis au lycée, mais l’institution scolaire n’a rien fait. Elle parle du manque de formation des professeurs et des conseillers principaux d'éducation (CPE), mais pointe aussi « l' omerta » et « l' espèce de tabou autour du signalement ».

Puis, lorsqu'elle est reçue par les gendarmes à 17 ans, après avoir parlé lors d’un camp scout des violences perpétrées par un membre de sa famille, l’agent lui rétorque : « Mais tu sais, ta famille est très triste, elle ne comprend pas ce qui t’arrive, elle ne comprend pas pourquoi tu lui échappes ».

Emma n’a jamais eu accès aux auditions pour savoir ce qu’a dit sa famille, mais celle-ci obtient son placement sous contrainte en hôpital psychiatrique. Elle y restera plusieurs mois, avant de rejoindre l’ASE.

Une expérience de l'ASE