menuMENU
Portrait31 juillet 2020
Réagir
Réagir
Imprimer
Télécharger

[À voix haute] Donner un sens à sa vie en aidant à son tour

Notre série "À voix haute" donne la parole à ceux qui n'ont longtemps pas eu voix au chapitre : les "personnes accompagnées''. Mouminy a pu s'inscrire en formation en septembre dernier. Enfin. Après de multiples complications administratives et une expulsion, il étudie pour devenir assistant de service social. Pour cet ancien mineur non accompagné, c'est une nouvelle vie qui commence. « Sereine ».

Mouminy s'exprime avec l'assurance tranquille des résilients. Il revient de loin et ne le sait que trop bien. Il naît en Guinée Conakry il y a une vingtaine d'années. Orphelin recueilli par son oncle, il subit la maltraitance dans cette famille d'accueil improvisée. Adolescent, il s'enfuit. Erre dans les rues. Puis, n'ayant finalement plus grand-chose à perdre, tente le tout pour le tout : fuir vers l'Europe.

Après une année d'un parcours migratoire éprouvant, il atteint la France. Le bouche-à-oreille de ses « camarades de voyage » le mène en Champagne-Ardenne. Après s'être signalé au commissariat, il est recueilli par une professionnelle de l'aide sociale à l'enfance (ASE). Premier contact avec le monde du travail social. Nous sommes alors en juin 2013.

Arrivé à seize ans

Quelques jours plus tôt, Christiane Taubira, alors ministre de la Justice, publie une circulaire qui concerne directement Mouminy. Elle pose les premiers jalons de l'« évaluation sociale », qui devient critère principal d'évaluation des jeunes se présentant comme mineur et isolé.

Une méthode d’évaluation hautement subjective qui fait encore débat aujourd'hui. À ce moment-là, Mouminy l'ignore. Il n'a qu'un objectif : trouver un endroit pour se poser et aller à l'école. Il a seize ans.

En situation irrégulière

Reconnu mineur, hébergé dans un foyer de protection de l'enfance, il est scolarisé au lycée. Ses notes sont excellentes. Mais à l'approche de la majorité, tout va se compliquer. L'administration réclame un passeport. Mouminy n'en a pas, il s'arrange pour en faire un. « Falsifié », répond la préfecture.

Un mot pour de multiples conséquences. Il a désormais 18 ans et son aide pour les jeunes majeurs (APJM) s'arrête. Son récépissé n'est pas renouvelé. Toujours lycéen, Mouminy devient étranger en situation irrégulière.

Des attaches soi-disant insuffisantes

Cet article est réservé aux abonnés Il vous reste 75% à lire

Vos avantages abonnés

Un accès intégral à l’ensemble de nos articles

Infographies, vidéos, enquêtes, dossiers juridiques: l’actualité de votre secteur décryptée sous différents formats.

Une information analysée et décryptée par des professionnels du secteur

Grâce à des contenus rédigés par des journalistes spécialisés sur le secteur social et médico-social : la garantie d’une information vérifiée et exploitable.

Un abonnement adapté à vos besoins

Abonnement à l’année, mensualisé, avec ou sans engagement de durée… bénéficiez de conditions sur mesure, adaptées à vos besoins.
Abonnez-vous pour 12€ par mois seulement

Vous êtes abonné ou
disposez de codes
d'accès pour ce produit

Codes d'accès oubliés