En grève depuis novembre, les éducateurs et éducatrices de prévention spécialisée de la ville de Nantes réclament la suspension de mesures qui dégraderaient encore des conditions de travail déjà difficiles. Une mobilisation d'une longévité rare dans le milieu du travail social.
« 1 607 h sans fric, sans accès aux droits de la fonction publique, merci le GIP », alerte une banderole bleu pâle.
Le 6 février, à Nantes, devant le siège de l’Agence départementale de prévention spécialisée (ADPS), des éducateurs et éducatrices ont à nouveau fait entendre leurs voix, alors que se tenait au même moment une réunion du Comité local du travail social et du développement social (CLTSDS), qui regroupe une quarantaine d'acteurs départementaux de l'intervention sociale.
Au centre de l’attroupement, un cercueil, symbole de leur métier et de leurs droits qu’on enterre.
En grève
Le mécontentement couvait depuis longtemps chez les éducateurs et éducatrices de l’ADPS – sous le joug d’un Groupement d’intérêt public (GIP) depuis 2012 –, qui avaient déjà alerté de leur inquiétude quant à la dégradation des conditions de travail.
Les « éducs de rue », celles et ceux qui vont à la rencontre des populations, notamment les jeunes, des quartiers prioritaires de la ville, ont vu rouge à l’automne dernier.
Depuis, sur une quarantaine de professionnels, la grande majorité est en grève, soutenue par des caisses de grève et organisations d’événements festifs, ainsi que par les différents partenaires associatifs des quartiers populaires.
Quatre semaines de congé
En cause, des décisions de la direction, qui acteraient un passage aux 1 607 heures cette année, soit la suppression, pour les travailleurs sociaux, de quatre semaines de congés payés, sans compensation financière, et alors que ces congés attestent de la difficulté inhérente à leur métier.

