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À Ivry-sur-Seine, un centre d'hébergement s'adapte à de nouveaux publics

Longs FormatsSophie LE GALL23 mars 2026
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Après près de dix ans de fonctionnement, le centre d’hébergement d’urgence migrants (CHUM) d’Emmaüs Solidarité, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), a entamé sa mue tout en tentant de préserver son ADN. Avec davantage de personnes relevant du droit commun et d’enfants, l’équipe est face à plusieurs défis qui rendent encore plus nécessaire la rénovation du site.

Dès l’entrée, la réalité frappe : le centre d’hébergement d’urgence migrants (CHUM) d’Ivry est un très, très grand centre, avec pas moins de 450 places. À côté du poste d’accueil, un plan du site, légendé en français et en anglais, vient concrétiser ce chiffre : y sont dessinées six « streets » (rues), organisées autour de huit yourtes dévolues aux temps collectifs. Un vrai village, « the camp », selon les mots de ses résidents, à la fois à l’écart de la rue et du centre-ville.

Un contexte particulier

Aménagé par Emmaüs Solidarité en 2017 dans une ancienne usine de traitement des eaux, pour une durée initiale de 4 ans, le CHUM s’inscrivait alors dans un contexte de flux migratoires massifs et de campements de rue (notamment dans les 18 et 19e arrondissements de Paris) et répondait au besoin nouvellement identifié d’un accueil spécifique de femmes migrantes, isolées ou avec des enfants.

Le CHUM a été aménagé par Emmaüs Solidarité en 2017 dans une ancienne usine de traitement des eaux, pour une durée initiale de 4 ans. Jeanne Frank/Divergence pour Le Media Social

« En ouvrant le centre, nous avons aussi répondu au besoin de la municipalité d’Ivry-sur-Seine, en recherche d’une solution d’hébergement pour une population intracommunautaire - roumaine, tchétchène, bulgare - qui formait des campements sur son territoire. Par conventionnement, nous leur réservons 50 places, dispatchées dans le camp, et les personnes concernées sont accompagnées par une travailleuse sociale attitrée », précise Caroline Bénard, directrice du CHUM.

Un pôle santé…

En presque 10 ans, 10 000 personnes sont passées au CHUM, hébergées dans 138 « chambres » de taille variable, pouvant accueillir jusqu’à 9 personnes dans un espace non cloisonné. Chaque street regroupe des chambres de même capacité, avec à son entrée des sanitaires collectifs, une des ruelles étant réservée aux femmes seules afin d’assurer leur tranquillité. Les repas, livrés par un prestataire extérieur, sont distribués dans les yourtes et sont généralement consommés dans les hébergements.

À son ouverture, le centre a été doté d’un pôle santé, géré par le Samu Social, avec une permanence de soins assurée par des salariés et des bénévoles (infirmière, puéricultrice, médecin généraliste, gynécologue, pédiatre, antenne psychiatrique…), assistés d’interprètes et de services civiques.

... Et une école